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Valorisation des Productions Alimentaires ligériennes et Réseaux d’acteurs

Valpareso


Financement :
  • Conseil régional Pays de Loire

Partenaires :
  • LARGECIA (Laboratoire de Recherche en Gestion et en Economie des Industries Alimentaires), ONIRIS Nantes (Ecole Nationale Vétérinaire, Agroalimentaire et de l’Alimentation Nantes Atlantique) : Ivan DUFEU
  • UMR 6590 ESO-Nantes et Le Mans, CNRS, Université de Nantes, Université du Maine :
  • LEMNA (Laboratoire d’économie et de management de Nantes Atlantique), Université de Nantes :
  • GRANEM (Groupement de Recherche Angevin en Economie et Management - UMR 49 Université d’Angers/ACO) et Agrocampus Ouest- Centre d’Angers / Institut National d’Horticulture et de Paysage :
  • LERECO, UR1134, Centre INRA Angers-Nantes :
  • Mission Développement durable de la ville d'Angers et d'Angers Loire Métropole :

Sur la période 2012-2013

Contexte

Les activités de production agricole, agroalimentaires et halio-aquacoles jouent un rôle majeur dans l’économie et l’aménagement du territoire ligérien. Or, étant exposés à une forte concurrence internationale, les producteurs connaissent d’importantes difficultés économiques. Dans le même temps, les consommateurs s’intéressent de plus en plus à ces producteurs régionaux. Ils formulent souvent de nouvelles demandes en termes d’alimentation, recherchant plus de proximité et prenant conscience de l’impact environnemental des modes de production. Ces producteurs et ces consommateurs ont une préoccupation commune : la valorisation des productions alimentaires au sein du territoire. En s’appuyant sur des exemples tirés des filières des filières fruits et légumes et des produits de la mer, notre travail de recherche-action analyse le rôle que peuvent jouer les nouveaux réseaux d’acteurs (ou formes d’organisation collective) dans la valorisation des productions alimentaires ligériennes.

Ces organisations collectives, objet de notre projet, sont diverses et peuvent impliquer tous les acteurs des filières considérées (y compris les consommateurs) : coopératives à finalités diverses, magasins de producteurs, mutualisation logistique, AMAP, marques collectives... La réflexion conjointe sur ces formes d’organisation se fera à l’aune de leur contribution au développement durable sur le territoire ligérien.

Objectifs

Dans un monde de plus en plus individualisé, aborder le thème de la dynamisation et du devenir des territoires passant par l’analyse de réseaux d’acteurs peut sembler paradoxal. Pour autant, dans l’univers de la production alimentaire, la pratique du travail en réseau est une permanence qui tend à se renouveler depuis une dizaine d’années selon des formes et/ou des temporalités variables en fonction des lieux et des filières considérées. Différentes disciplines des SHS ont mis en avant ce processus de fond, qui oblige à s’interroger sur l’émergence ou la re-création de formes participatives. Ainsi peut-on observer par exemple :

  • des producteurs qui se regroupent pour vendre directement leurs productions (magasins de vente directe), pour acquérir des outils plus performants (type CUMA), pour intégrer la fonction marketing (marque collective), pour valoriser la spécificité de leur production (via des indications géographiques protégées ou des appellations d’origine contrôlée) ;
  • des consommateurs qui s’engagent dans un partenariat avec des agriculteurs (AMAP) ;
  • des collaborations entre producteurs, transformateurs et/ou distributeurs pour mutualiser les activités logistiques, etc.

Les questions que posent ces formes d’organisation collective sont nombreuses. Sont-elles condamnées à rester marginales ? Sont-elles efficaces ? Sont-elles éphémères, transitoires ou en devenir ? Vont-elles avoir un effet de diffusion important sur les modes de production et d’organisation des filières ? Ainsi, notre objectif scientifique vise à formaliser de manière pluridisciplinaire ces formes d’organisation collective souvent innovantes. En effet, nous postulons que l’affirmation de différents types de réseaux s’avère un objectif à atteindre pour garantir une meilleure valorisation et une pérennisation à certaines productions alimentaires.   Nous désignerons ces réseaux sous le vocable de Formes d’Organisation Collective Territorialisée (FOCT) pour lesquelles nous proposons de développer un cadre et des outils méthodologiques d’action permettant de :

 1. Connaître.

Une connaissance et une analyse partagées de deux filières comportant des FOCT et représentatives en Pays de la Loire : fruits et légumes (F&L) et produits de la mer (pêche et conchyliculture). Ces filières ont a priori peu d’acteurs en commun, ne se sont pas structurées historiquement sur les mêmes bases, mais offrent pourtant des points de convergence : produits frais, donc rapidement périssables, filières qui ont encore une bonne marge de manœuvre en termes de communication et de valorisation du produit (labellisation, communication, santé,...). Mené en collaboration étroite avec les partenaires non institutionnels, ce travail d’observation préalable permettra de dégager des stratégies d'action pertinentes, applicables et opérationnelles à court terme (prenant en compte d'éventuels freins extérieurs).

 2. Évaluer.

Une analyse de l’impact des  FOCT de ces deux filières sur la valorisation des productions (création et répartition de valeur – économique, sociale, environnementale, culturelle – au sein des filières concernées) et plus largement du territoire ligérien. On peut évoquer les effets sur les rapports entre acteurs (relations commerciales entre amont et aval…), sur la localisation des entreprises et donc sur l’emploi (mettre en évidence les facteurs d’ancrage territorial des filières et les contraintes – ou les atouts – logistiques), sur les modes de consommation (impact des circuits courts sur les productions locales), l’environnement, l’éducation des consommateurs urbains sur les questions agricoles etc.

 3. Transférer.

Fournir et diffuser des leviers d’actions permettant d’asseoir les potentialités de ces FOCT. À partir d’une formalisation des expériences en cours (issue du point 2), nous analyserons la reproductibilité des modèles analysés, c’est-à-dire les conditions de mise en œuvre et de réussite en tenant compte des spécificités régionales et sectorielles. Un outil opérationnel sera proposé : des « fiches-expériences ». Chaque fiche devra contenir, outre le descriptif de l'action, des analyses précises sur le contexte de la mise en place, les conditions de réussite et les freins éventuels. Elaborées sur la base d'entretiens de terrain et de données souvent diffuses disponibles dans les structures partenaires, nous mobiliserons au maximum les outils, méthodes établis dans le cadre de programmes précédents (LIPROCO ou CLAP,...). Leur restitution sera accompagnée d'une synthèse, réalisée par les équipes de recherche, visant à dégager un ensemble de pistes d'action stratégiques à développer sur le territoire pour optimiser l'atout de la proximité, sans nuire voire en renforçant d'autres formes de valorisation.

 

 La conduite de ce projet scientifique suppose de démarrer par une phase de diagnostic en deux temps (axe opérationnel 1) : un état de l’art sur les recherches en SHS portant sur les FOCT ; une analyse (économique, managériale, sociologique, juridique et géographique) fine des filières choisies (quelques unes parmi l’ensemble des filières F&L, d’une part, et des produits de la mer, d’autre part). Ensuite (axe opérationnel 2), les travaux aborderont plus spécifiquement les FOCT identifiées et leur impact sur les industries et sur le territoire ligériens.  Enfin, l’ouverture vers la société civile étant consubstantielle au projet, un travail de médiatisation et de diffusion des résultats sera engagé (axe opérationnel 3).

 

Résultats attendus

  1. La constitution d’un ensemble de « fiches-expériences » répertoriant et analysant des actions collectives et formes organisationnelles mises en place pour valoriser les produits issus des bassins de production de proximité. Chaque fiche devra contenir : le descriptif de l’action, des analyses précises sur les conditions de sa réussite, sur ses vertus et sur ses limites.
  2. L’établissement de scénarios d’évolution des filières et d’action des pouvoirs publics (concevoir les politiques publiques à mettre en œuvre pour les accompagner), permettant de mieux valoriser la production et les territoires, et de répondre aux attentes des acteurs (consommateurs, producteurs, citoyens).
  3. La diffusion de ces « fiches-expériences » et plus généralement des résultats du projet auprès des producteurs, pouvoirs publics (et consommateurs) ligériens. La restitution de ces fiches sera accompagnée d’une synthèse, réalisée par les équipes de recherche.

 

 Méthodologie

Compte tenu de la diversité des disciplines de sciences sociales mobilisées, plusieurs approches méthodologiques seront développées. Les approches seront pour l’essentiel qualitatives (monographies d’initiatives particulièrement innovantes, analyse iconographique), mais aussi quantitatives (comme un système d’information géographique) grâce au recoupement de bases de données sectorielles que possèdent certains partenaires, de bases de données d’entreprises auxquelles nous avons accès (enquêtes annuelles d’entreprises, enquêtes structurelles sur les productions légumières et les vergers, Amadeus etc.) et de bases de données d’enquêtes réalisées récemment sur certains secteurs (ostréiculture, vente au détail de produits de la mer).



Contacts :
christine.margetic @ univ-nantes.fr