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Contester la métropole, vers une métropoli(ti)sation ?


Thèse de Laura MEHTALI (ESO Nantes)
Direction :

Composition du jury :


    Alors que les métropoles apparaissent comme imperméable à toutes formes de politisation, ces dernières décennies ont vu se multiplier des situations conflictuelles d’aménagements à partir desquelles, des mouvements sociaux urbains ont su porter une critique sociale et politique de la métropolisation et ériger l’agenda développementaliste des élus métropolitains, en un adversaire politique, institutionnel et idéologique. Qu’elles portent sur l’implantation de grandes infrastructures, sur la mise en tourisme des lieux ordinaires, sur la congestion et dégradation des cadres de vies, sur le renforcement des inégalités (sociales, environnementales, territoriales, ethno-raciales) ou plus largement sur la dépolitisation de l’action publique locale, une multitude de mobilisations localisées se saisissent de grands projets urbains en tant qu’ils incarnent un agenda métropolitain fondé sur l’obsession d’une course à la croissance, à l’attractivité et la compétitivité faisant l’impasse des contradictions structurelles et fonctionnelles du développement métropolitain. Pourtant, si les métropoles sont considérées comme des « espaces politiques en gestation et en devenir » (Lefèvre & Pinson, 2018), encore  rares sont les travaux ayant démontrés qu’ils existent des situations conflictuelles propres à la métropolisation des politiques, des pouvoirs et administrations urbaines et à quel point, les transformations spatiales, sociales et économiques, vécues ou perçues, comme une « métropolisation-prédation » peuvent être susceptible d’engendrer des phénomènes d’organisations, d’actions et d’expressions politiques et sociales.

     Cette thèse s’inscrit dans la perspective d’explorer les dimensions politiques, sociales et territoriales de la conflictualité en aménagement afin de mettre en lumière les tenants d’une nouvelle ère de politisation de l’urbain ayant pour caractéristique de s’adosser à une multiplicité d’expériences localisés et collectives qui, bien au-delà de l’échelle micro-locale, essaiment et recomposent les discours, pratiques et imaginaires politiques rattachés à l’organisation de l’espace et de la vie quotidienne métropolitaine. Il ne s’agit pas seulement de donner à voir les expressions les plus visibles d’une conflictualisation des stratégies métropolitaines à travers de vastes mouvements d’oppositions aux grands projets d’aménagements, mais de prêter attention aux autres luttes et initiatives locales, plus labiles et ordinaires qui parsèment les métropoles, revendiquent leurs « droits à la ville » et mettent en débat, en dehors des mondes politiques instituées, le modèle de développement des métropoles.  À rebours des approches centrées sur le fonctionnement interne des organisations formelles des métropoles décrivant l’atonie de la démocratie locale, nous proposons de prendre au sérieux les formes de politisation du local et de la métropolisation que construisent ces différentes mobilisations localisées également dites, « les luttes urbaines ».

    Mots-clés : métropolisation, politisation, conflits, projets d’aménagements, luttes urbaines