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La qualité de l’environnement résidentiel et l’inclusion socio-spatiale des personnes handicapées


Thèse de Aurore ECAULT-BELLEC (ESO Nantes)
Direction :
Financement :
  • Allocation de recherche Région Pays de la Loire - Université de Nantes

Composition du jury :


    Mots clés : Habitat inclusif, accessibilité, environnement résidentiel, inclusion, France

    La France a ratifié en 2010 la convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées, qui recommande leur inclusion sociale et spatiale, en leur accordant la possibilité de choisir leur milieu de vie, de participer à la vie de la cité et d’accéder aux espaces communs à tous. Si l’inclusion des personnes handicapées est une problématique protéiforme qui interroge le géographe sur les inégalités socio-spatiales, la réflexion sur la qualité de l’environnement résidentiel des personnes en situation de handicap dans la société actuelle est un enjeu que la géographie sociale appréhende cependant assez peu. Pour combler cette méconnaissance, deux dimensions sont à explorer : analyser les trajectoires résidentielles des personnes en situation de handicap, puis apprécier et mesurer la qualité de l’environnement résidentiel de leur habitat.

    L’objectif scientifique de cette thèse est d’appréhender et d’examiner concrètement, à travers des études de cas ciblées, l’inclusion socio-spatiale des personnes en situation de handicap aux différents âges de la vie en région Pays de la Loire. Un changement de paradigme est à l’œuvre en France dans le déploiement des politiques à destination des personnes en situation de handicap. Nous sommes passés en effet d’une culture de l’hébergement dans des établissements médico-sociaux à une culture de l’habitat inclusif, ce qui signifie que la question centrale pour ces personnes est désormais celle des conditions du maintien ou de l’acquisition de l’autonomie dans un milieu de vie ordinaire. À ce sujet, les travaux menés autour des choix résidentiels de ces populations montrent que l’habitat, la mobilité et le maintien de l’autonomie sont étroitement liés à la morphologie urbaine et à la configuration fonctionnelle des milieux résidentiels.  Pour toutes ces raisons, mesurer et apprécier la qualité des milieux de vie de ces personnes est un véritable enjeu. Le processus d’inclusion apparaît comme un révélateur de profonds changements sociaux et spatiaux. Il modifie les pratiques de l’espace proche du domicile et nécessite de prendre en compte la qualité des aménagements, la proximité des services et équipements, les solidarités de voisinage. Il s’agit de dépasser les critères de localisation de ces formes d’habitats pour considérer leur potentiel inclusif à l’échelle des milieux de vie, donc de mesurer la place occupé par la qualité de l’environnement socio-spatial dans les choix résidentiels des personnes en situation de handicap. Le public cible sera ainsi composé à la fois des jeunes adultes au seuil de l’entrée dans la vie active (étudiants inscrits à l’université, apprentis en centre de formation) et des travailleurs handicapés en ESAT (établissement et service d’aide par le travail) qui atteignent l’âge de la retraite.

    L’approche situationnelle permet une approche systémique qui considère pleinement les interactions entre la personne et son environnement. L’un des enjeux repose ici sur la compréhension des choix résidentiels des personnes en situation de handicap à travers la mesure et la perception de la qualité de l’environnement dans lequel résident ces populations. Plusieurs facteurs liés à la forme urbaine, à l’aménagement des espaces publics, à l’accessibilité des équipements, aux services et commerces sont à considérer. Les aspects liés à l’état de santé des individus et leurs besoins techniques ou humains sont également incontournables, au même titre que les solidarités de voisinage. Ces facteurs étant susceptibles d’influencer les caractéristiques objectives de l’environnement résidentiel, une série d’habitats inclusifs en région Pays de la Loire sera sélectionnée, de façon à rendre compte de milieux de vie contrastés tant du point de vue de leur localisation que du public accueilli. Par ailleurs, les ressources de la personne (économiques, sociales, personnelles) et du territoire habité (morphologie urbaine, équipement, service, accessibilité) étant susceptibles de moduler les caractéristiques de l’environnement résidentiel, le programme de travail prévoit de développer deux outils adaptés au contexte de l’habitat inclusif.

    • Le premier s’appuie sur une grille d’observation systématisée dans une perspective proche de celle adoptée par Sébastien Lord (2014) lorsqu’il analysait la marchabilité des ensembles résidentiels pour personnes âgées au Québec.
    • Le deuxième s’appuie sur une enquête par questionnaire auprès des ligérien.ne.s en situation de handicap inscrits à l’université, en centre de formation ou en ESAT, afin d’identifier les caractéristiques de leur environnement résidentiel actuel et leurs aspirations. Ce questionnaire sera complété par une approche participative avec les personnes concernées par les projets d’habitats inclusifs dans le but de cerner leurs besoins et leurs aspirations en termes d’environnement résidentiel.

    Housing environment quality, social and spatial inclusion for people with disabilities

    Keywords : Inclusive housing, accessibility, housing environnment, inclusion, France